Le texte suivant est un extrait du roman de Marguerite Duras, "L'amour".
Ma prof de français nous l'a donné en sujet de rédaction au début de l'année.
Je la rajouterai dans les jours suivant (dès que je l'aurais retrouvé !!!) dans la catégorie texte, sous le nom de "l'amour, suite".
Je vous conseille vivement de lire le livre initial qui n'est pas très long mais assez spécial !
Et si qulqu'un l'a lu et compris : pouvez-vous m'expliquez ?
Donc voici le texte... :
Un homme.
Il est debout, il regarde : la plage, la mer.
La mer est basse, calme, la saison est indéfinie, le temps, lent.
L'homme se trouve sur un chemin de planches posé sur le sable.
Il est habillé de vêtements sombres. Son visage est distinct.
Ses yeux sont clairs.
Il ne bouge pas, il regarde.
La mer, la plage, il y a des flaques, des surfaces d'eau calme isolées.
Entre l'homme qui regarde et la mer, tout au bord de la mer, loin, quelqu'un marche. Un autre homme. Il est habillé de vêtements sombres. A cette distance son visage est indistinct. Il marche, il va, il vient, il va, il revient, son parcours est assez lent, toujours égal.
Quelque part sur la plage, à droite de celui qui regarde, un mouvement lumineux : une flaque se vide, une source, un fleuve, des fleuves, sans répit, alimentent le gouffre de sel.
A gauche, une femme aux yeux fermés. Assise.
L'homme qui marche ne regarde pas, rien, rien d'autre que le sable devant lui. Sa marche est incessante, régulière, lointaine.
Le triangle se ferme avec la femme aux yeux fermés. Elle est assise contre un mur qui délimite la plage vers sa fin, la ville.
L'homme qui regarde se trouve entre cette femme et l'homme qui marche au bord de la mer.
Du fait de l'homme qui marche, constamment, avec une lenteur égale, le triangle se déforme, se reforme, sans se briser jamais.
Cet homme a le pas régulier d'un prisonnier.
e suis une pétasse. De celles que vous ne pouvez supporter; de la pire espèce, une pétasse du XVIe, mieux habillée que la maîtresse de votre patron. Si vous êtes serveur dans un endroit «branché» ou vendeur dans une boutique de luxe, vous me souhaitez sans doute la mort, à moi, et à mes pareilles. Mais on ne tue pas la poule aux œufs d’or. Aussi mon engeance insolente perdure et prolifère‑t‑elle…
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